La saga Gaupillat-Gévelot



Pendant plus d'un siècle, de 1820 à 1939, cinq générations de la famille Gaupillat vont développer une série d'entreprises de cartouches puis d'étampage des Bruyères à Sèvres au Bas-Meudon. Seule mémoire encore visible la fabrique Gaupillat du 43 bis route de Vaugirard à Meudon qui ne s'est arrêtée que fin 1997.



Les débuts aux Bruyères à Sèvres


Vers 1820, François André Gaupillat (6 décembre 1806 - ?) âgé de 14 ans, arrive à Paris venant de Tonnerre « en sabots ». Il est placé dans une maison de nouveautés : 10 ans après, avec un prêt de son oncle, il achète un fond de mode et se marie.


Ses dettes remboursées, André Gaupillat fonde la capsulerie des Bruyères puis fait successivement l’acquisition de trois petites affaires concurrentes de « poudres fulminantes et d’amorces ». En 1836 il les réunit, fondant la maison : « Gaupillat-Illig-Gundorff et Massé » autorisée par ordonnance royale pour la fabrication d'amorces fulminates pour armes de chasse et de guerre, des œillets métalliques… La fabrique est classée établissement dangereux. André Gaupillat devient rapidement l'une des grosses richesses de la région : le préfet évalue sa richesse personnelle à 10 000 F.



Gaupillat construit une seconde usine en 1835 au Bas-Meudon


Gaupillat construit une première usine en 1835 au 41 route de Vaugirard au Bas-Meudon, dite "Annexe à la capsulerie des Bruyères". Celle-ci jouxte la "verrerie de Sèvres", entreprise qui laissera ses terrains au début du XXe siècle aux ateliers Renault du Bas-Meudon.


Mais cette installation ne se fait pas sans heurt. Le dramaturge en vogue Eugène Scribe qui a laissé son nom à un sentier meudonnais du quartier est installé dans sa campagne des Montalets (23 route des Gardes) depuis 1829. Il bloque les travaux de construction de l'usine et écrit le 18 avril 1835 à Gaupillat et Delion, propriétaires de l'usine :


"Messieurs,

Etabli bien avant vous dans la commune de Meudon, ce n'est pas moi qui vous ai troublé dans votre propriété, c'est vous qui êtes venus me troubler dans la mienne.

J'ai acheté une campagne pour y trouver le bon air et grâce à vous j'y respire une odeur infecte ; j'y ai dépensé plus de deux cent mille francs et vous me forcez de l'abandonner, vous lui ôtez toute sa valeur ; et quand, grâce à votre voisinage, je ne peux plus ni la louer, ni la vendre, vous m'adresserez des réclamations, il me semble, Messieurs, que j'ai plus que vous encore le droit de me plaindre.

Je suis très fâché de vous faire éprouver des pertes ou de suspendre vos travaux, mais, permettez moi de vous dire, c'est votre faute et non la mienne et vous ne devez en accuser que vous-mêmes.i

Vous venez sans autorisation, établir au milieu d'habitations nombreuses, une fabrication qui nous menace dans notre existence ou dans la jouissance de nos propriétés et vous trouvez étonnant que l'on se défende d'un pareil voisinage ! La loi est pour tous… Messieurs ! pour les propriétaires comme pour les fabricants et je ne cesserai pas de réclamer soit auprès de l'autorité, soit devant le Conseil d'Etat, contre le danger et contre l'odeur intolérable qui résultent de la fabrication de vos produits chimiques :

J'applaudirai à votre industrie et j'y aiderai de tout mon pouvoir, quand vous l'exercerez dans un endroit où vous ne pourrez compromettre ni la vie, ni la santé, ni le bien-être de vos concitoyens.

Je suis, Messieurs, avec la considération la plus distinguée, votre humble serviteur.

Eugène Scribe".


Mais le Maire de Meudon soutiendra Gaupillat écrivant le 27 août 1835, à Monsieur le Préfet : "Cet établissement, tout nouveau chez nous, est dirigé par MM. Gaupillat et Delion. Il est de peu d'importance parce que nous en avons éloigné toute manifestation dangereuse". L'écrivain abandonnera la partie en 1853, déménageant pour des horizons moins industriels.


Illustration : Plan du site pp. 1372 et 1373 du Bulletin des amis de Meudon.

Et plan de la propriété Gaupillat de 1940, pp. 1427.


La famille Gaupillat s'installera au 43 route de Vaugirard, à côté de la cartoucherie, dans une belle maison carrée entourée d'un parc boisé au-dessous de la route des gardes près de la gare du Bas-Meudon. La famille Gaupillat possède ainsi alors un bel ensemble regroupant les 41, 43 et 43 bis route de Vaugirard, soit un ensemble de terrains situés entre la partie habitée du Bas-Meudon et la Verrerie.


Cette belle maison familiale fut démolie dans les années 1970 pour faire place au groupe d'habitation "Les rivières" construit dans le parc, la tour du 43 route de Vaugirard étant construite à l'emplacement de la maison. Les habitants du quartier conservent le souvenir de cette demeure puisqu'elle abrita, durant les années de guerre et jusqu'à sa démolition, la "Maison familiale". La rue de la Gare, rebaptisée rue Hélène Loiret, témoigne du souvenir de l'animatrice de la maison familiale, fille de Joseph Loiret, maire de Meudon de 1927 à 1934.


La première fabrique du 41 route de Vaugirard a laissé pour sa part la place à un immeuble en longueur, ILN de l'Office départemental HLM.



André et Victor Gaupillat, élus municipaux de Sèvres et de Meudon


André Gaupillat est conseiller municipal de Sèvres… dans des circonstances tumultueuses. Le 12 décembre 1851, les ouvriers et le député Baudin se feront tuer sur les barricades, en refusant le coup de force de Louis-Napoléon. 66 députés sont déportés. Peu après la nomination de Gaupillat comme 1er adjoint le 30 juillet 1852, la municipalité de Sèvres approuve cette répression. Le 7 septembre 1852, le maire Ménager fait afficher dans Sèvres un long texte célébrant Louis-Napoléon, disant "l'envoyé de Dieu, l'élu de la France, son sauveur". Ménager, Gaupillat, tous les édiles affirment leur reconnaissance au maître de l'heure. La Préfecture écrit cependant : "cette proclamation est jugée ridicule par l'administration". Le 31 octobre 1852, le préfet vient à Sèvres recevoir le serment des notables : "Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au Président".


Quand le Maire, Alexandre-Jérôme Ménager, meurt le 7 septembre 1854, c'est Gaupillat qui le remplace, jusqu'à la nomination d'Alphonse Loubat, l'inventeur du tramway parisien, le 6 décembre 1854. Gaupillat restera le 1er adjoint d'Alphonse Loubat jusqu'en 1857, le remplaçant lors de ses nombreuses absences. Par lettre du 9 août 1857, Gaupillat présente sa démission d'adjoint "ne pouvant assister tous les mercredis" aux réunions avec le maire et le deuxième adjoint. Ses occupations commerciales et ses obligations "pour créer l'établissement à mon fils" sont aussi invoquées. Il restera en fonction comme conseiller et fera partie de la commission du budget (conseil municipal de février 1858).


Gaupillat, dans la vie municipale est présent mais peu actif. Il exposera cependant "un triste tableau de la situation de la ville, au point de vue travail, commerce, chômage et inconduite". Il souhaitait que l'on s'occupe de l'état de l'église, qu'on crée un hospice, une crèche, des bains publics, des écoles salubres, qu'on organise à la mairie, des bals et des concerts au profit des indigents…


Son fils, Victor Ernest Gaupillat est quant à lui conseiller municipal de Meudon dont il démissionne en novembre 1869.



L'entreprise en 1835


Le Maire de Meudon dans sa lettre d'août 1835 décrit l'entreprise : " Sa première année (1835) produira environ 200 000 amorces fulminantes dont les 3/4 sont livrées à l'exportation. MM Gaupillat et Delion occupent 75 ouvriers dont le nombre paraît toujours croissant et voici le classement des divers salaires :

Tourneurs mécaniciens 6 francs par jour

Forgerons 3 francs par jour

Homme de journée 2,50 francs par jour

Femmes 1,60 francs par jour

Enfants 1 franc par jour.

Je n'ai pas la proportion des divers ouvriers, mais j'ai tout lieu de croire que les femmes et les enfants forment le plus grand nombre. les salaires représentent les 2/5e du prix de revient".


La fabrique emploiera en 1856, 27 ouvriers (26 hommes, 1 femme), en 1873, 100 ouvriers, en 1883, 150 ouvriers. Au début du XXe siècle, la grande majorité des ouvriers sont des femmes. Elles utilisent ainsi le services de la première crêche meudonnaise inaugurée rue de la Croix du Val le 16 décembre 1900.



La vie sociale autour de la fabrique


Le bulletin de la Société des amis de Meudon décrit l'organisation sociale qui se met en place au Bas-Meudon autour de la fabrique : Dès 1859, une société de secours mutuel se met en place parmi les employés de la maison Gaupillat. Les charges consistent à prélever, à chaque ouvrier, un franc pour cent ou un centime par franc, sur toutes les sommes versées par Gaupillat au titre de rémunération. L'entreprise s'associe à ces charges en attribuant chaque mois une somme équivalente au quart des produits des sommes retenues aux ouvriers. Chaque membre de l'entreprise, malade ou blessé peut alors prétendre recevoir un secours journalier de deux francs pour un homme, 1,25 franc pour une femme et 50 centimes pour les jeunes gens de moins de 16 ans. En aucun cas, les secours ne peuvent excéder une année.


De même plusieurs sociétés coopératives de consommation s'établissent au Bas-Meudon : la "fraternelle du Bas-Meudon" se crée le 30 mars 1880 et fusionne en septembre 1920 devenant "Etablissement Gaupillat et la Fraternelle".


L'Aide Mutuelle s'installe au 10 bis route de Vaugirard, c'est une société de secours mutuel autorisée le 14 février 1894. Sont membres les ouvriers travaillant dans la fabrique de munitions d'artillerie uniquement ; elle remplace la société de secours Gaupillat et continue son action de bienfaisance.



Victor Ernest Gaupillat prend les rênes de l'entreprise


L'épouse d'André, Godeberthe Raymond, met au monde deux enfants dont Victor Ernest (31 juillet 1831 - 1899). Victor Gaupillat travaille avec son père et constituent ensemble le 30 mars 1865 une société groupant la capsulerie des Bruyères et la cartoucherie du Bas-Meudon. En 1869, l'ensemble compte 250 employés.


La capsulerie des Bruyères est ainsi décrite dans le "Guide du voyageur dans Sèvres" : "Cette fabrique une des plus complètes de celles connues et appréciées, mérite d'être vue. Le site qui l'environne, son importance, le soin qu'elle prend à la fabrication de ce produit si dangereux, tout concourt à exciter la curiosité des amateurs de grandes choses. M. Gaupillat est décoré de la Légion d'honneur".


Lors de la séance du conseil municipal de Sèvres du 11 juillet 1884, Gustave Girod, conseiller municipal et grand banquier parisien, propriétaire du château des Bruyères, voisin de la capsulerie, indique lors d'un débat sur le raccordement en eau potable de la ville que les bâtiments de la capsulerie sont également desservis par la Compagnie de Choisy, alors que très peu d'habitation le sont alors.


L'historien sévrien Pierre Mercier a retrouvé une déclaration de 1873 au sujet d'une voiture de luxe à quatre roues appartenant au "Manufacturier des Bruyères de Sèvres et du Bas Meudon "Gaupillat et Cie" dont le siège social est à Paris 50 rue Rambuteau.


Victor Gaupillat épouse Jenny Cheilley. Naissent de cette union quatre enfants dont Marcel (Meudon, 2 avril 1860 - Paris 16e, 8 mars 1939) et Gabriel Nicolas Marie (Meudon, 28 janvier 1862 - ).



Gévelot, le grand voisin concurrent d'Issy-les-Moulineaux


En 1823, Joseph-Marin Gévelot dépose le brevet d'invention de l'amorce au fulminate de mercure et crée la première société Gévelot. Mais il quitte Paris dès 1825 quitte Paris en raison des risques liés à son activité. Il installe sa fabrique à Issy-les-Moulineaux, près du pont de Billancourt en bords de Seine, à moins de deux kilomètres d'où s'installera Gaupillat 10 ans plus tard. La fabrique est alors de taille modeste. Lorsqu'il meurt, c'est son fils Jules-Félix Gévelot (Paris, 6 juin 1826 - 17 août 1904), âgé de 18 ans, qui prend les rênes de l'entreprise. Aidant sa mère, il développe la production de cartouches, capsules de guerre et de chasse.


Jules Gévelot développe l'entreprise en déposant de nombreux brevets. L'entreprise commence à se développer vers 1843 et en 1856, celle-ci s'étend par l'acquisition de vastes terrains pour éloigner de la route Paris-Meudon-Versailles les productions les plus dangereuses. En 1867 se sont 500 personnes qui travaillent à la fabrique qui se développe dans la fabrication de cartouches de guerre et en 1898, l'entreprise est hébergées dans 50 bâtiments répartis sur 7 hectares. Avec la réussite, l'entreprise s'équipe de bâtiment de prestiges tels que le portail Gévelot qui a été conservé lors de la reconstruction du quartier, déplacé de 300 mètres. Il était autrefois face à la gare des Moulineaux-Billancourt (station actuelle du T2 Les Moulineaux).


L'entreprise compte 3 000 employés en 1930, au moment de son apogée qui court de 1920 à 1955. L'entreprise a alors atteint une importance nationale et même mondiale, malgré les risques inhérent à ce type de production : le 14 juin 1901, une catastrophe meurtrière fait 17 morts.


En 1969, l'entreprise ne comprend plus que 1 000 employés. Un grave incendie ravage l'usine le 11 juillet 1973 et celle-ci est mise en redressement judiciaire le 31 janvier 1980. L'établissement d'Issy-les-Moulineaux disparaît totalement en 1992.


Gévelot SA est aujourd'hui un groupe mondial dont la plus grande partie reste cependant française dont le siège social est resté dans les Hauts-de-Seine, situé à Levallois-Perret. Il est côté en bourse et spécialisé dans l'acier (61 % du chiffre d'affaire 1997), les pompes (26 %) et d'autres appareils mécaniques (notamment des freins et des boîtes de vitesses pour 13 %). Il produit également des textiles. Une des principales filiales s'appelle Gévelot Extrusion et est toujours installée dans l'Orne à Messei.


Gévelot a totalement abandonné sa partie armement cantonnée notamment dans la Société française de munitions (SFM) en 1993. Elle conserva uniquement les projectiles et munitions dénommées PPI couvertes par un brevet dont elle est licenciée mondiale exclusive. La société pris alors le nom d'Anthena.



Jules-Félix Gévelot, aussi à la campagne et homme politique


La famille Gévelot s'installe à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) à partir de 1850. Jules-Félix Gévelot avec sa femme Emma y construit sur les restes de l'ancien prieuré un château pseudo-renaissance qui domine la vallée de l'Oise. Le château abrite l'actuel musée de la batellerie, domicilié bien sûr place Jules Gévelot. La famille en restera propriétaire jusqu'en 1931, date à laquelle l'île Gévelot est protégée au titre de la protection des paysages : la partie représentant 7 hectares appartenant à la commune est classée par arrêté du 25 août 1931, tandis que la partie privée représentant 14,45 hectares est inscrite par arrêté du 31 août 1931. Jules-Félix Gévelot sera maire de Conflans-Sainte-Honorine.


Peu après, dans les années 1864-1865, Jules-Félix Gévelot acquiert de nombreuses terres autour du Domaine de Dieufit à Bellou-en-Houlme, à proximité de la ville de Flers dans l'Orne. Il décide de "transporter dans l'agriculture les hardiesses de l'industrie". Il faut tout défricher, mais l'économie de la région subit de plein fouet les répercussions de la guerre de sécession aux Amériques : le coton n'arrive plus en France et de nombreuses manufactures doivent fermer. L'installation d'une ferme gigantesque est ainsi une source de main-d'œuvre considérable palliant le chômage et la misère. Bientôt ce sont 1 800 personnes qui travaillent au défrichement et à la construction de cette ferme ultra-moderne qui comprend une fromagerie.


Jules-Félix Gévelot est élu député de la circonscription de Flers à la fin du second empire en 1869 et le restera pendant 35 ans. Il sera élu 10 ans plus tard conseiller général, siégeant 25 ans et devenant président du Conseil général de l'Orne à la veille de sa mort.


Si personne n'a eu l'idée de nommer une rue ou une place au nom de la famille Gaupillat, Jules-Félix Gévelot est servi ! Alençon, Bellou-sur-Houlme, Flers, Conflans-Sainte-Honorine, Sèvres et Issy-les-Moulineaux ont leur place ou rue au nom de l'industriel et homme politique.



Le début de l'absorption de Gaupillat par Gévelot


En 1884, Victor Gaupillat crée avec Jules-Félix Gévelot, alors âgé de 58 ans, son principal concurrent, la « société française des Munitions de Chasse, de Tir et de Guerre », la SFM, dans laquelle les deux fils Gaupillat entrent. L’entente ne se fait pas : en 1887, Jules-Félix Gévelot qui est président du conseil d'administration de la société rachète les parts de Gaupillat. L’usine du 41 route de Vaugirard reste alors la propriété de cette société.



Marcel Gaupillat (1860-1939) prend le relais


En 1890, Marcel crée avec son frère Gabriel la maison « Marcel Gaupillat et Compagnie » ; société ayant pour objet la fabrique d’amorces, de cartouches de chasse, de bouchons de grenade et de détonateurs. Il en assure la direction et fait construire une nouvelle usine au 43 bis route de Vaugirard.


Marcel Gaupillat épouse Jeanne Bouret ( - Paris 8e, 17 janvier 1924) et mettent au monde cinq filles et un fils Jean (1891 – 1934) ; de ces six enfants, seule la dernière, Françoise, aura une descendance.


Pendant la guerre de 14 – 18, l’activité de l’usine est importante, mais elle est bombardée. Après guerre, l'entreprise a un quasi monopole sur la fabrication des détonateurs pour les mines de la Ruhr occupée par la France, puis la restitution de la Ruhr à l'Allemagne entraîne le non renouvellement des contrats. Gaupillat ajoute alors aux activités antérieures la fabrication de porte-mines faits dans les même matériaux que le cul des cartouches de chasse, et dans la fabrication de pompe à vélo, de meuble en tubes pour les commerçants, d'objets en fils de fer plastifiés…


Dans les années 1930, la majeure partie des ouvriers non qualifiés de la cartoucherie du Bas-Meudon est d'origine algérienne et plus particulièrement originaire de Drâa-El-Mizan, apprend-on dans La composition sociologique et professionnelle de l'émigration algérienne.


En 1928, Jean Gaupillat crée son affaire : la « société Etampage de Précision Gaupillat », et transfère en 1929 les fabrications de cette société dans une partie de l’usine du Bas-Meudon, louée à son père.


Mais en 1934, Jean Gaupillat, coureur automobile se tue au Grand Prix de Dieppe. A son tour en 1939, Marcel Gaupillat meurt dans sa 80ème année.



Gévelot supplante définitivement Gaupillat


En 1935, la SFM reprend les deux sociétés. Une partie des activités se feront dans leur usine d’Issy-les-Moulineaux, en particulier celle des cartouches de chasses qui ont assuré la renommée du nom de Gaupillat. En 1950, la SFM prend le nom de Gévelot. En 1968, Gévelot ferme l'usine des Bruyères, les bâtiments sont démolis en 1970-1971, et les nouveaux habitants emménagent en 1973.


Au Bas-Meudon on va diversifier les activités, on y fabrique des pompes de bicyclettes, des articles en fil de fer et tubes, des présentoirs pour magasin et des pièces en laiton. Mais ces dernières années, les marchés deviennent difficiles à trouver, l’activité baisse et l’avenir du Bas-Meudon, Meudon-sur-Seine, ne semble pas laisser place à une activité industrielle. En septembre 1994, l'effectif de l'établissement est de 60 personnes. Les ouvriers déjeûnent encore à la cantine Gaupillat de l'autre côté de la route de Vaugirard, dans le hangar toujours debout qui donne sur la place Charles Bergeyre. Les jours de beau temps, on déjeune au soleil, en bord de Seine, et surtout on joue aux boules sur le haut de la place. Quelques années auparavant, le restaurant "Le Martin-pêcheur" trônait encore en face de la fabrique, donnant sur cette place appelée tout naturellement avant guerre la place du Port. En 2005, l'association Espaces crée sur le site du Martin-pêcheur avec l'aide de Gaz de France et la Ville de Meudon, un jardin temporaire des 5 sens.



L’usine Gaupillat du Bas-Meudon ferme ses portes le 31 décembre 1997


En 2005, au-delà du bâtiment et de la mémoire, 170 ans après la première installation au Bas-Meudon, l'usine n'est plus que présente dans le rapport financier de la Société anonyme Gévelot dont le siège social est situé à Levallois-Perret. Dans l'édition 2003, on peut ainsi lire :

En sa qualité de dernier exploitant, suite à la fusion-absorption de la Société Gaupillat en juin 1999, Gévelot SA a constitué le 31 décembre 2002 une provision de 262 K€ pour couvrir les frais de remise en état, pour un usage industriel, du site Gaupillat de Meudon dont l'activité a cessé en décembre 1997 et qui a été restitué à ses propriétaires fin septembre 1998.

A l'automne 2003, la Préfecture des Hauts-de-Seine a demandé à Gévelot SA de faire effectuer une étude complémentaire (Etude détaillée des risques) sur l'évaluation des risques pour la ressource en eau. Le nouveau Rapport rendu par la Société URS début avril 2004 confirmant les conclusions de la précédente étude (Etude simplifiée des risques) réalisée en avril 2003 (suite à la demande de la Préfecture en septembre 2001), la provision est restée de même niveau que celle constatée à fin 2002.



Yann Fradin


Recherche réalisée avec l'aide de Olivier Ménégol et Antoine Monnet.


Association La Fabrique

7 rue Marcel Allégot

92190 MEUDON

Tel 01 49 66 67 15



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La saga Gaupillat-Gévelot. 21-03-05