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Il était une fois un pays où on séparait des enfants de
leurs parents, où on les envoyait dans des camps pour les faire travailler,
les affamer, les battre, les torturer, les gazer, les brûler. On
prenait de grands enfants, mais aussi des petits, des touts petits, des
méchants, mais aussi des gentils. Le pays était livré aux
barbares. Tout le pays ? Non. Les enfants étaient
protégés, aimés dans une maison, la maison d'Yvonne et de Roger, J'habite Croix-Bosset depuis des années, mes enfants y ont été à l'école. Alors imaginez ma surprise quand j'ai découvert l'histoire de cette maison. Ma surprise d'abord, puis ma révolte et celle d'amis comme Luc. Comment cette histoire si belle, si forte, si proche de nous a-t-elle pu être oubliée ? Cela se passait ici, et il n'y a pas si longtemps. |
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L'histoire commence par un mariage entre une bretonne, Yvonne, et un juif alsacien, Roger. Le couple Hagnauer est né, un couple d'instituteurs dans la meilleure tradition de la république. Ils sont comme beaucoup de ces instituteurs d'alors très engagés, un peu plus que les autres, syndicalistes révolutionnaires (surtout lui), promoteurs de l'Education Nouvelle (surtout elle), et pacifistes (tous les deux). Il est facile aujourd'hui de dire que ces pacifistes des années 30 avaient tord : on a pu mesurer les dégâts du fascisme. C'était moins clair alors, car la référence restait la grande guerre et ses millions de morts inutiles. Les époux Hagnauer se sont peut-être trompés, mais pour de si beaux sentiments. Il fallait du courage pour prôner la paix dans la frénésie guerrière de 39. Ils signent pourtant, le manifeste « Paix Immédiate », un appel à la paix lancé par des gens comme Louis Lecoin. Parmi les signataires, on retrouve le philosophe Alain mais aussi, Marcel Déat, socialiste avant guerre, viré fasciste. On conçoit difficilement la confusion de l'époque. Cette signature, leur engagement syndicaliste et pacifiste, les font renvoyer de l'éducation nationale. |
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Après des petits boulots (Yvonne est représentante de commerce) ou la prison (Roger est mobilisé et fait prisonnier), ils finissent par travailler pour le Secours National. Le Secours National est une organisation caritative alors tout en contraste. Sous la houlette par Pétain, elle est souvent associée à ses basses œuvres : non seulement les juifs n'ont pas le droit à son aide mais leurs biens confisqués sont récupérés par le Secours National. Pourtant, des gens comme les Hagnauer arrivent dans l'anonymat à détourner pour la bonne cause la puissance de l'organisation. |
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Sous le couvert des œuvres du Maréchal, les Hagnauer
installent en 41, à Sèvres, rue Croix-Bosset (presque à l'emplacement de
l'école actuelle), Les enfants utilisent des faux noms, des faux papiers. Quelques personnes savent et se taisent comme ces cuisinières de la maison. Les voisins n'ont pas vu que plus de la moitié parfois des gosses qui passaient devant leurs fenêtres étaient des petits juifs. Ils avaient dû mal étudier les manuels nazis apprenant à reconnaître les traits physiques qui distinguent les races.
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Roger, comme lui est juif, doit quitter Paris pour éviter
la déportation. Quel est le secret d'Yvonne ? L'amour des autres
et d'abord les enfants, le refus de la barbarie, la révolte. Elle sauve
tout ce qui passe à sa portée, les gosses juifs ou non (la guerre fait des
dégâts dans beaucoup de familles), des adolescents ou des adultes qui
viennent se réfugier à |
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Après le Vel d'Hiv, ils sont de plus en plus nombreux les
jeunes pensionnaires de |
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Ils ont créé plus qu'une école, une famille, la seule
famille pour beaucoup. Après la guerre, ils continuent. Quand les lieux
deviennent trop petits, ils déménagent pour le château de Bussière à
Meudon. Elle dirige l'école ; il est toujours aussi farouchement
révolté, syndicaliste. Il milite, il écrit. A la fin de leur vie,
ils habiteront un petit appartement dans un HLM de Meudon, un couple modeste
dans un appartement modeste, des militants de base de la section locale du
parti socialistes. Certains découvriront à la mort d'Yvonne qu'elle est
Chevalier de |
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La légende dit que quartier a
été le lieu d'un combat entre Jeanne d'Arc et les Anglais. Selon Mme
Hubschmann, Jeanne d'Arc n'est jamais venue jusqu'ici. Dommage! |
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L'association des anciens et amis de philippe . fleutot @ ville-tremblay-en-france.fr |