Extrait de l'Histoire des Bruyères, Essai historique sur un quartier de Sèvres par Pierre Mercier, Editions "Une semaine à Sèvres"
LA LIBERATION DES BRUYERES EN AOUT 1944
Nous reviendrons sur la Libération de Sèvres grâce aux détails puisés dans les relations militaires de la 2 ème DB et de ses chefs ou à l'aide d'historiens sur la Libération de Paris, à l'aide de souvenirs personnels ou de témoignages. Restons dans l'historique des Bruyères . Le contexte est connu: les Alliés ont débarqué en Normandie le 6 juin 1944 . Longue bataille de Caen, percée d' Avranches. Les Américains qui commandent l'Opération Overlord avaient prévu d'éviter Paris. Mais l'insurrection générale qui a lieu dans la capitale, sous l'impulsion des FFI et du Conseil National de la Résistance , ( malgré certains qui désirent attendre tranquillement les Alliés ! ) oblige Eisenhower à "foncer sur Paris" à la demande de de Gaulle, avec la 2 ème DB de Leclerc. Le groupement Langlade se fraie un chemin par Jouy , le terrain d'aviation de Villacoublay et les lisières du bois de Meudon, Clamart , le Bas Meudon et la rue Troyon. Il est 21 h 35 ce 24 août alors que les tanks de Massu arrivent au Pont de Sèvres en panne d'essence . Naturellement les habitants de Bruyères ignorent ces détails. Comment vivent-ils cette ultime journée d'occupation du jeudi 24 août 1944 ? Mr de Croone nous a fourni de précieux détails sur les Bruyères où il habitait avec ses parents depuis 1924 : il nous rappelle que les Allemands avaient occupés les deux cartoucheries, la propriété Eiffel et les villas voisines. Mais le jeudi 24 août il ne reste plus qu'un fort contingent des jeunesses hitlériennes Certains disent qu'il s'agissait de SS en tous cas des troupes bien aguerries... Cette unité, une centaine d'hommes, fortement armée stationne à l'étang des Fonceaux . Toute la population est en alerte; au loin le canon gronde. De temps à autre , on voyait passer des débris d'unités allemandes venant des bois et descendant la rue des Bruyères. Une de ces unités dans sa fuite abandonne une remorque pleine de ravitaillement, qui sera distribuée le lendemain aux habitants ."Ce fut pour nous une journée d'anxieuse espérance" écrit notre ami de Croone . il existe dans le quartier un groupe de résistance , dirigé par le lieutenant Emile Greif. Ces FFI , galvanisés par la Victoire qu'ils sentent proches, ont lancé un ordre de "mobilisation générale de tous les hommes valides ". Tous les hommes des Bruyères se rassemblent donc à l'école, le vendredi 25 août au matin , on désigne des postes de surveillance et des responsables des rues, avec interdiction d'entrer dans les bois par crainte des mines. On n'a pas d'armes Dans l'après -midi du 24 août, les premiers obus de la 2ème DB tombent sur les Fonceaux , la résistance ayant signalé la présence des Allemands .D'autres obus tomberont sur le cimetière et aux alentours ( souvenirs de Mr Weyland ) Le 25 , les obus continuent à tomber : vers midi, qui fait partie de la patrouille Thévenin ,Léon Charles Le Moal , né à Brest le 16 octobre 1895 , demeurant 8 rue Charles Vaillant est blessé .